Lettre de l'errant

De Amereida
Lettre de l'errant
Errante fr 00w.png
TipoArtículo
EdiciónRevista Ailleurs Nº 1, pp. 14 - 24.
CiudadParís
Fecha23 enero 1963
NotasEl director de la publicación era en ese entonces Henri Tronquoy –participante de la Travesía de Amereida– de quién se reproducen en la revista algunos de sus trabajos escultóricos. Existe una segunda edición en español bajo el título Carta del Errante, publicada como Tesis de Diseño Gráfico de José Balcells E, bajo la dirección y dibujos de Claudio Girola. Escuela de Arquitectura UCV, Valparaíso 1976.

Mes chers:

Il s’agit, une fois de plus, de la poésie et de la réalité. Je ne suis pas encore sorti de cette querelle. Mais qui a oublié le beau théorème de Rimbaud: « l’art est une sottise » ? La fête de Saint Paul Roux ? Et plus encore le témoignage ineffaçable de Germain Nouveau?

Au fond, le débat sur la poésie et la réalité — dont le futurisme règla l’acte provocation, exaspéré plus tard chez Dada, et porté en profondeur par le surréalisme — est loin d’être éclairci.

Quel poète après eux peut vraiment rester à l’écart d’une telle question? On a bien voulu dépasser la littérature, « l’œuvre d’art », les prisons de l’ethétique, et pourtant on est resté et on reste encore aujourd’hui au poème, au tableau et à l’objet. Comment le surréalisme pourra éviter — et ça arrive déjà — d’être classé dans les bibliothèques et peut-être même un jour — pourquoi pas ? — dans les anthologies scolaires ?

Ecrivains, les faits sont là comme un mur qu’on a bien édifié avec nos propres mains. Nous pourrons même démontrer le contexte de nos œuvres pour signaler que la volonté qui les a créées, envisage l’abandon de l’art. Mais les pièces témoignent contre nous tous. Tout au plus les explications nous aideront à distinguer le bon du mauvais cru littéraire.

Et pourtant chacun à son tour a prouvé par ses actes et quelques uns par leur vie et leur mort, qu’il s’agissait bien de tout autre chose que de « l’œuvre ».

La logique intene de la poésie comme anti-art conduit à la passion de changer le monde. Et l’ardente soif de justice — sincère et généreuse — a voulu se rassasier dans cette entreprise. Alors la poésie fut doublée de politique — l’instrument qui exécute tout changement. Ainsi Marinetti finit dans le fascisme et Aragon dans le communisme officiel. La fidélité poétique empêche à Breton ce genre d’engagement mais ne lui a pas épargné de croire que le « changer la vie » de Rimbaud valait le « changer le monde » de Marx. Après eux, nous savons que la poésie est libératrice, qu’elle purifie et amplifie la personne humaine.

Mais on a fini par croire que l’accident nécessaire de la signification par rapport au mot — comme le bois par rapport à l’arbre — était l’essentiel de la poésie ; on a fini par croire qu’elle peut devenir l’écluse dorée des ressentiments produits par un monde quelconque et que sa mission est presque la dénonciation de tout état qui nous contraint. Dans un certain niveau on a confondu la poésie et sa loi avec la Politique et ses lois. Les el effets de l’engagement politique sont connus — misères de la poésie — et le célèbre « en attendant » n’est pas une réponse, ni le refuge dans le « poème » une solution.

Il y aura toujours des auteurs de poèmes et de tableaux et ce n’est pas mal du tout. Mais le problème se trouve ailleurs.

Le poète doit-il en exprimant ses découvertes, rester enfermé dans le cadre du poème et par là soumis aux lois de telle ou telle esthétique, même malgré lui ?

L’abandon de la littérature est-il vraiment possible ?

Ou bien n’y a-t-il pas d’issue ?

La prise en main de la réalité veut-elle dire la prise en charge de l’actualité universalisée dans le poète ?

Ou bien l’engagement politique est-il obligé ?

Ou peut-être la réalité est-elle tout autre chose que l’actualité ?


Mais d’abord il faut payer ses dettes. Qui n’est pas aujourd’hui — et je parle de poètes qui écrivent des poèmes — plus ou moins débiteur du cubisme, du dadaïsme, du surréalisme? Le surréalisme, surtout, à réouvert le songe et l’aspiration à une unité qui tend à élargir la veille au-delà de ‘a conscience. Mais la promesse qui palpite, toute vivante encore, dans son meilleur poème, Le Manifeste Surréaliste, est bien plus grande. La réalité concrète ouvre là son puits et déborde toute création poétique. On ne pouvait pas prévoir que depuis le Premier Manifeste, on arriverait à chanter Elsa et même Nadja, poèmes qui sont au fond et, d’une manière tout à fait différente l’un et l’autre, de vraies « œuvres d’art ». Inutile d’insister sur la différence entre le chant d’amour de ces poèmes et l’amour chez les troubadours ou chez Dante. « Ce n’est plus l’amant de Chimène ; c’est l’amant de Graziella. Ce n’est plus Pétrarque ; c’est Alfred de Musset  ». [1]

Certes — et je crois qu’à l’époque Aragon en a fait la remarque — un imbécile qui raconte ses rêves n’ajoute rien. Il faut, et c’est vrai, le poète. Mais on a cru entendre qu’il fallait, en conséquence, le poème. Et pour l’écriture automatique n’exagérons pas. De mémoire d’homme aucun vrai poète ne l'a méconnue, bien qu’utilisant aussi d’autres procédés. On sait bien qu’un sonnet — un vrai sonnet — on ne le fait pas sur les règles, il faut d’abord devenir la règle pour écrire dans son langage bizarre qui force les mots au hasard de la trouvaille précise.

On doit au surréalisme de Breton l’espoir d’une autre chose que la littérature. Je dis bien l’espoir parce que, dans les faits, on est resté dans l’expression, dans le schéma et aux « Œuvres d’art ».


Je ne me résigne pas à enterrer dans l’oubli ou dans les interprétations, le théorème de Rimbaud. Je ne me résigne pas non plus au retour au poème, quel que soit son contenu et son intention. Parce que je ne crois pas que l’admirable vie de Nouveau ne soit qu’une expérience personnelle sans aucune valeur pour la suite poétique. Alors j’essaye de recommencer et je reviens à Lautréamont, à ses malmenées « Poésies ». Il nous a bien dit la différence entre poésie et politique, psychologie, drames, luttes, etc. Ecoutons-le : « La mission de la poésie est difficile. Elle ne se mêle pas aux événements de la politique, à la manière dont on gouverne un peuple, ne fait pas allusion aux périodes historiques, aux coups d’Etat, aux régicides, aux intrigues des cours. Elle ne parle pas de luttes que l’homme engage, par exception, avec lui-même, avec ses passions. Elle découvre les lois qui font vivre la politique théorique, la paix universelle, les réfutations de Machiavel, les cornets dont se composent les ouvrages de Proudhon, la psychologie de l’humanité ». La poésie se tient dans ses marges. Elle est au tréfond de l’existence parce qu’elle est avant tout dans la vie. La poésie « per se » qui, clamait Poe, est le dévoilement de la possibilité dans l’état pur avant toute élection. Elle décèle l’homme. Elle est la transcendance en tant qu’elle même, qui jaillit avec et sur tout accomplissement. Cette splendeur nous paralyse, nous captive, et nous montre en propre la condition humaine. Alors qu’est-ce que le monde ? Le monde n’est rien d’autre qu’un certain accomplîssement de la pure possibilité qu’est l’homme. Et il y aura des mondes comme il y aura des accomplissements choisis. Mais au delà de tout signification la poésie sublime l’instant, l’acte pour lequel et dans lequel l’homme se reconnaît originairenient. Elle fait surgir de l’épouvante où l’homme se trouve, la possibilité forcée qu’il est. D’un trait, dans un éclair inextinguible. La poésie se trouve à la racine de la liberté ; à son double tour de reconnaissance du chaos où l’homme surgit et de la lumière avec laquelle un monde peut être ordonné. Dans ce sens, elle est toujours créatrice puisqu’elle dévoile la condition « poétique » de l’homme. Elle est pour-tant constamment libératrice. Elle est dans le monde d’où elle surgit mais elle se trouve toujours hors de ce monde. Par là, elle devient unité de mesure (noms, nombres, danses, travaux humains) et dégage le temps. Mais qu’est-ce que le temps ? La succession qu’on consent, un mode d’existence. Voilà le don du poète et pour cette raison il est nécessaire, au point que le monde, en dépit de tout, ne peut se passer de lui s’il joue son rôle. « Un poète doit être plus utile qu’aucun citoyen de sa tribu  », [2] car c’est lui qui institue le temps. Le poète ouvre le témoignage de cette passion originaire. La poésie se trouve, avant tous les contraires, dans la profonde contradiction. « Je ne tends qu’à connaître la contradiction de mon esprit avec le néant  ». [3] Son miroir est toujours vide puisqu’elle est la chance du miroir. Songe et veille, savoir et ignorance, pouvoir et impuissance, etc., sont déjà des « significations ». La poésie les traverse en les découvrant tour à tour selon le monde où elle surgit pour faire resplendir la suspension miraculeuse de l’homme. Elle rappelle toujours aux pattes de l’oiseau la réalité essentielle de ses ailes avec lesquelles l’abîme le soutient. Son rapport avec l’inconnu, l’au-delà d’un monde admis est essentiel puisque de son acte se dégage la possibilité de créer et d’y faire un monde. Son ouverture rappelle à l’homme submergé dans ses souffrances et ses joies accordées, l’aube perpétuelle de son origine.


Voilà son ascèse. Elle est l’acte humain qui se rapporte au fondement de toute réalité, Et par là elle se fait terriblement consolatrice. [4]

Si elle révèle l’acte humain, c’est par cette action qu’elle devient la Fête. Et je dis bien l’acte. Il est vrai que le poète est un homme à paroles, mais il est bien plus aussi. Le poète est le porteur de Fête. La poésie se fait dans sa personne, dans son corps, dans son langage, dans sa vie et pas seulement « entre les draps ».

Vis-à-vis du monde constitué, le poète se trouve ailleurs. Je m’explique. Il ne peut pas, ne doit pas tenir compte ni des faveurs, ni des obstacles que le monde peut lui signifier. Il surgit tel qu’il est dans son milieu. Voilà son devoir et son destin. Il ne s’occupe pas d’être ou de devenir un révolté. Il ne l’est pas puisqu’il l’est obligatoirement du point de vue des conventions établies. Mais il ne combat pas, étant vaincu d’avance, son gibet est sa poésie, sa fête, et pas du tout la lutte plus ou moins efficace pour changer le monde. Il ne se révolte contre rien. Il obéit à l’acte qu’il porte en soi et il fait, dans le monde, la fête de la condition humaine. La Fête consolatrice, en dépit de toutes les interprétations possibles. Mais qu’est-ce que cela veut dire consoler ? La consolation n’est pas l’huile sur les blessures, ni le mouchoir aux larmes. Consoler veut dire révéler constamment aux hommes pris par les tâches du monde, la splendeur qu’ils emportent en eux, l’éclat de cette possibilité pure avant toute élection; de cette possibilité de faire et de parvenir à toute réalité nonobstant les torts, les erreurs, les succès, les crimes et même l’allégresse admise. La révélation de cet atout à travers ses travaux, peines et plaisirs, à travers toutes les significations qui sont des accomplissements réels, déjà établis en cours de disparition, des significations connues, méconnues ou inconnues, révélation qui est aussi — pourquoi pas ? — lampe sur des zones de l’esprit et sur le pays de l’ouvrage. Révélation de l’instant qu’est l’homme avant tout temps. Révélation qu’est la vraie mémoire.

Je me dis : il faut obéir à l’acte poétique avec et malgré le monde pour déclencher la fête. Et la Fête est 1e jeu, suprême rigueur de ma liberté. Voilà la mission du poète parce que le monde est toujours à repassionner . [5]


Un jour, j’ai vu le poète mêlé au monde, hors de son caveau, horriblement libre parmi le monde. Déceleur de réalité parmi les ordres convenus, instrument de son acte qui fait son chant. Chant dans le monde, coude à coude sur les routes, dans tous les coins défendus et permis. Et plus encore dans le paysage et la nature puisqu’il est créature — l’acte ouvert au cosmos. Sans ennemis ni obstacles possibles. Sa vertu ? Le courage tel que Hölderlin nous l’a dit dans son admirable « Dichtermut ».

Mais le poète est aussi un homme. Alors, comment vivra-t-il ?

Il n’a pas de métier, il officie. Le monde peut bien l’humilier ou le soutenir. Cela ne le regarde pas. Célébrant, il ne juge pas et ne veut pas être jugé. C’est le monde qui se juge lui-même en l’accablant ou en le glorifiant. Sa mission est autonome et indestructible puisque nécessaire. Quoiqu’il advienne, la fête continue. Il n’a rien à craindre, et même si le pire arrive, nous pouvons être sûrs que « d’autres horribles travailleurs viendront ». L’idée généreuse de révolte et la soif d’efficacité ont échoué : elles ont abouti à la pratique politiqueà « l’en attendant » ou au retour au poème. Elles ont créé la dépendance. Tout manifeste, humour noir, acte-provocation révèle la dépendance à l’objet attaqué ou nié. Mais la poésie n’a pas besoin d’attaquer quoi que ce soit. Elle affirme et révèle. L’affirmation supère toute négation. La révélation abandonne dans l’ombre un tas de choses accordées du même coup qu’elle en montre de nouvelles.

J’ai vu le poète qui montre le monde parce qu’il se dénude. Son acte révèle le paysage, les gens, les relations des hommes et des choses. Porteur de fête, il est porteur de probabilités car, avec sa présence, il déclenche des relations imprévues et provoque la participation active aux Jeux afin d’accomplir ce qui nous fut dit : « La poésie doit être faite par tous. Et non par un ». Et puisque son acte est libre de toute dépendance, il est toujours le cadeau, le présent poétique qui trouble et console. Il entraîne l’aliénation de l’homme envers lui-même.

La poésie en acte surgit et s’insère vraiment dans la réalité. Elle dévoile la possibilité qui fonde toute l’existence effective et en même temps, elle devient acte dans le monde. J’ai vu alors le poète sortir de la littérature, dépasser le poème et même abandonner l’écriture.

Qu’est-ce que l’écriture ?

Tout au long des siècles on a acquis la grâce de l’écriture. Mais elle est un instrument parmi tant d’autres — est-elle un moyen ? — même si, pour le poète, l’instrument est devenu presque nature. Le fleuve de l’existence profonde tient à ces rivages, et moi aussi, je suis sur ces bords. Pourtant la poésie a existé avant toute écriture, et rien n’empêche au poète de se pas- ser d’elle.

En outre le poète d’aujourd’hui — et Artaud en savait long — a perdu son corps à table, au lit et dans le dédoublement de son existence.

J’ai vu le poète qui n’écrit pas mais fait sa poésie provoquant la fête avec sa voix, son corps et sa présence dans un jet spontané. Mais alors son acte ne laisse-t-il pas de trace dans le temps ?

Non, il ne laisse pas une « œuvre » ; mais il s’insère dans une autre voie plus profonde et cachée que le livre, dans la légende. Et même s’il se trompe, parce que « L’erreur est la légende douloureuse ». Beaucoup de choses nous parviennent par la légende, qui ne sont pas écrites. Expressions, gestes, langues et sagesses qui viennent dans l’air et restent en l’air quand nous disparaissons. Elles persistent dans les traditions qui forment un peuple. Pour la poésie, l’écriture, même possible, n’est pas nécessaire. Et comme certains sur un autre plan, le poète peut bien l’abandonner. « Revenons à Conficius, au Bouddha, à Socrate, à Jésus-Christ, moralistes qui couraient les villages en souffrant de faim !  ». [6]


Nous sommes déja partis pareilles fois, avec des jeunes interprètes, avec des poètes qui lisaient ou improvisaient, avec des peintres et sculpteurs construisant au bord des routes. Là on a reconnu l’importance du masque qu’on devient, de la surprise d’apparaître comme des revenants sans jamais convoquer, appeler personne, du vrai anti-théâtre par la participation de tous au jeu poétique et l’utilisation insolite de l’espace. Là on a appris que la poésie se communique aussi par la musique du sens et non seulement par la mélodie des sons ou les significations des mots. Là, on a reconnu la vie menaçante et menacée à la belle étoile, la vraie purification qui se produit en nous, et d’autres horizons à peine soupconnés avant. Là-bas, on a entrevu aussi la chance pour ceux qui n’écrivent pas — le peintre et le sculpteur — afin qu’ils nous rendent non le paysage, mais le signe du Lieu, qui se découvre dans la célébration. Et aussi... mais nous taisons ce que nous n’avons pas encore totalement éprouvé.

Et même si le préjugé du « poème», ce fantôme de l’œuvre, existait dans nos improvisations, on s’est aperçu que la fête ne l’exigeait pas, car ce qui compte c’est le poète devenu tout lui — présence, geste et voix — instruments de la poésie qui le dépasse. Alors le mot comme dans les gestes anciennes de la chasse, de la guerre, de l’amour, sont seulement une partie, peut-être un certain sommet d’une cérémonie plus vaste que n’est le poème.


Je sais bien qu’il y a plusieurs façons d’être poète. Je pense à certains écrivains. Je pense aussi à certains chercheurs de l’inconnu. Mais je parle des poètes à poèmes, comme je suis et comme ils sont beaucoup d’autres. Je me tiens dans mes limites, et c’est à mes semblables que je parle et à mes semblables que je fais appel.

Le poète doit être l’itinérant de la poésie.

Nous devons tout ramasser, nos craintes et nos espoirs, nos élans et nos défaillances, et partir sur ler routes pour y créer d’anti-rêves.

A nous toute la réalité insolite et tout le merveilleux quotidien ; les veilles, les illuminations, et même les assoupissements de l’esprit. Tout est là dans l’aventure poétique. il nous faut vraiment « changer de vie » pour changer la vie. Tenir le pas gagné veut dire ne pas se fourvoyer, rester fidèles et obéissants à l’acte qui nous a consacrés.

Ceci n’est qu’un principe de proposition que nous formulons et sur lequel nous reviendrons sûrement avec des éléments de nos expériences. On ne fait pas ce que l’on peut, mais ce qu’on veut.

« Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l’aurore, armés d’une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes ».

Notas

  1. Lautréamont, Poésies.
  2. Lautréamont, Poésies.
  3. Lautréamont, Poésies.
  4. « C'est le poète qui console l'humanité ! Les rôles sont invertis arbitrairement », (Lautréamont).
  5. « La vie humaine est à repassionner, à faire revaloir, au besoin sous l’angle de ce qui, très vraisemblement pour chacun, n’est donné qu’une fois. Peut-être faudrait-il en conséquence lui laisser une tout autre latitude. Puissent les conteurs arabes deplein air, qui jouissent actuellement d'une audience inaccoutumée, se créer pour un jour prochain des émules sur nos places d’Amérique, d’Europe, et que partout l’imagination si honteusement canalisée, aille son cours. Puissent des fêtes, où il soit donné à chacun de prendre une partie active, être assez largement conçues pour épuiser périodiquement toute la puissance phosphorique contenue dans l’homme ». (Arcane 17, André Breton).
  6. Lautréamont, Poésies.